Je suppose que vous en avez entendu parler.
Notre président bien-aimé (j'ose espérer que l'ironie de ces mots n'a échappé à personne), après avoir joué selon son bon plaisir avec la dernière lettre de Guy Môquet (cf. l'article que j'ai publié il y a quelques mois), veut maintenant que tous les bambins de CM2 soient poursuivis par des fantômes.
Ah non pardon. Il veut honorer le devoir de mémoire, suis-je bête. C'est beau, le devoir de mémoire. Il est beau, le devoir de mémoire, se servir des noms d'enfants qui ne devinrent jamais adultes, ces enfants morts, assassinés, qui ont connu ce qu'est l'horreur.
S'en servir pourquoi, au juste?
Eh bien, pour dire que nous, on la garde, notre mémoire, que nous, on s'en souvient, de ces gens. Pour dire qu'on a un gouvernement (un président, devrais-je dire) qui sait ce que ces gens ont enduré. Pour qu'il puisse nous dire, en agitant ces enfances volées devant nos yeux pour nous montrer comme nous sommes chanceux.
Ah, que nous sommes chanceux, oui. D'ailleurs, arrêtons de nous plaindre de ce que nous considérons comme allant dans le mauvais sens. Arrêtons de garder un oeil sur la politique, nous n'avons vraiment pas de quoi nous plaindre. Et puis nous n'y comprenons rien, n'est-ce pas.
C'est bien, cher président bien aimé, continue ainsi.
Sur ce, je m'en vais me consoler avec un peu de bonne musique.
(hm? ah, faut pas, faut se souvenir à la place?)
Une dernière chose: pendant que cet affaire fait scandale, qui sait quels absurdités, quels dangers passeront inaperçus, pour que nous soyons présentés devant le fait accompli, une fois qu'il sera trop tard?
Eh oui. Une affaire comme ça garde le beau peuple occupé, et pendant que tout le monde s'agite, on peut aisément faire n'importe quoi, sans avoir à se cacher.
À bon entendeur, salut.
Je viendrai rajouter des choses quand j'en saurai un peu plus.